Etudes

Les études de médecine en Allemagne sont bien différentes des études en France dans certaines domaines, surtout identiques dans d’autres. Il est important de connaître le système d’études allemand pour mieux pouvoir estimer la situation outre- Rhin ainsi que les avantages éventuelles pour un médecin français germanophone qui serait décidé d’en profiter (mot clef : spécialisation !).

Du reste, dans la suite, on dira toujours « Allemagne », mais au fond c’est à peu près le même système dans les 3 pays germanophones République Fédérale d’Allemagne, Autriche et la Suisse alémanique. Il y a des différences mineurs (la plus importante devrait être l’absence de « ZVS ou « Zentralstelle für die Vergabe von Studienplätzen, voir ci- bas, en Autriche et en Suisse) et vu que je suis allemand, je décrit la situation en Allemagne dans tous ses détails. Mais n’oubliez pas qu’en Autriche et Suisse, c’est à peu près pareille – donc parfois bien différent de la France !

Il y a pas mal de sites internet qui donnent des informations sur les études de médecine en Allemagne. Ci- bas quelques exemples (tous en langue allemande ...) : pour en trouver d’autres, il suffit de écrire « Medizinstudium » ou « Medizinstudent » dans Google.

www.medizinstudium.de
www.thieme.de/viamedici/schueler/medizinstudium/uebersicht.html
http://www.uni-duisburg-essen.de/medizinstudium/

Sur un de ces sites, j’ai raconté mes expériences de généraliste remplaçant en France:
http://www.thieme.de/viamedici/laender/frankreich/praxis_vertretung.html (en allemand).

Les universités et l’accès aux études.

L’accès aux études ne se fait pas par concours après la première année ! Car, dirait- on en Allemagne, cela fait perdre à beaucoup de jeunes une même deux années et coûte bien cher, car il faut enseigner une quantité d’étudiants toute une année dont seulement une fraction minime sera finalement admise.

Il y a plusieurs voies d’entrée à la faculté de médecine :

Soit par la note du bac. Une partie des places est donnée selon la note du bac, c’est à dire parmis tous les aspirant aux études de médecine, ceux qui ont eu un bac avec une mention dépassant un certain minimum vont avoir leur place à la fac. Ce seuil est fixé chaque année de nouveau, en fonction du rapport entre les candidats et le nombre de places disponible.

Soit par le temps d’attente, c’est à dire l’anciennité du bac. Après un certain nombre d’années d’attente, on aura sa place à la faculté de médecine. Le temps passé en faisant une formation dans un métier paramédical (aide- soignante, infirmière, kinésithérapeute etc.) compte double. En faisant donc une école d’infirmière, qui dure 3 ans, on aura un temps d’attente de 6 ans, ce qui suffit largement pour obtenir une place même avec un bac bien mauvais ne permettant jamais l’accès direct à la fac de médecine.

Soit par choix direct de l’université. C'est-à-dire, chaque faculté de médecine dispose d’un nombre limité de places pour lesquelles elle peut choisir librement les étudiants.

Tout ce système est organisé par une administration nationale, la ZVS « Zentralstelle für die Vergabe von Studienplätzen » (« Bureau central pour l’attribution des places à l’université »).

Il faut dire que cette administration nationale est au fond bien inhabituelle à notre « paysage » universitaire : L’Allemagne est – comme l’Autriche et la Suisse libre – un état fédéral et l’enseignement dans tous ses niveaux (école, formation professionnelle, université etc.) relève de la compétences des Länder = des état fédéraux (Kantone « Cantons » en Suisse). Mais nécessité faisant loi, on a ainsi fait une exception.

Aujourd’hui, la majorité des places est donnée par les universités eux- même, selon leur critères à eux. Cela n’était pas toujours ainsi ; à mon temps, seulement 10 % des places étaient données ainsi. À cette époque, il y avait un tirage au sort national parmis tous les demandeurs d’une place en médecine. Pour chaque place disponible au choix des facultés, trois candidats étaient ainsi désignés au hasard et envoyés à la faculté respective, où il y avait un entretien entre quelques enseignants de cette faculté ainsi qu’une étude de leur dossier. Et un sur trois était admis, logiquement. Aujourd’hui, le procédé est plus complexe. On a voulut donner plus de pouvoir aux universités de choisir leurs propres étudiants car on a compris que cela contribuerait grandement à la compétition entre universités et à la créations des universités d’élite. C’est un peu le système nord- américain qui nous a inspiré.

Il fut un temps quand le nombre des candidats pour les études de médecine était tellement démesuré par rapport au nombre des places disponibles (dans les 20000 prétendants pour 6000 places environ), que le Bundesverwaltungsgericht (le tribunal fédéral compétent en dernière instance) imposait un autre système d’attribution des places : Pour entrer en fac de médecine, il fallait d’abord passer une sorte de test d’intelligence, le fameux « Medizinertest ». Ce test était censé d’évaluer si le candidat disposait des capacités intellectuelles spécifiques pour pouvoir réussir les études de médecine. (Il fallait avoir, pour exemple, un bon mémoire ou la capacité de comprendre des statistiques; des facultés musicales et autres qui n’ont pas de lien avec les études, par contre, n’étaient pas pris en compte). Les dix pourcents meilleurs avaient leur place assurée, pour les autres c’était la combinaison de la note du bac et du résultat du test qui donnait une note globale, sur laquelle l’attribution des places était basée. Un bac mauvais pouvait donc être compensé par un « Medizinertest » bon et inversement. Naturellement, il y avait une certaine corrélation entre les deux – mais les élèves qui avaient fait leur bac dans un lycée plus « exigeant » qu’un autre où on donnait des bonnes mentions facilement avaient donc un moyen de « balancer » cet « handicap ».

Le « Medizinertest » était organisé par la même ZVS dans des lycées partout en Allemagne, une fois par an. Puis on l’a abandonné 1996, et le dernier cri est son réintroduction d’une façon un peu différente au niveau de certains états fédéraux et uniquement pour les universités de cet état fédéral. (L’enseignement relève de la responsabilité des Länder ...).

En passage, à noter qu’on a toujours évité le système à la française : donner le bac à tout le monde et puis faire perdre l’immense majorité des étudiants une année entière, même plus (s’ils tentent de nouveau leur chance ... ou s’ils vont faire, en vain, une autre première année avec concours dans un autre domaine). Bien évidemment, chez nous aussi il y a aujourd’hui plus de baccalauréats qu’autrefois et on en a aussi besoin. Mais même les partis de gauche n’ont pas fixé l’objectif « bac pour tout le monde » (ce qui signifiera une baisse automatique de sa qualité, car tout le monde n’est pas également doué, et comme conséquent imposera une sélection plus dure à l’entrée du prochain niveau d’enseignement supérieur).

Il y a, par contre, des filières de formation à coté du bac qui restent très appréciées, et aussi les partis de gauche n’ont aucune prétention d’y toucher, et dont l’élément clef est l’apprentissage dans une entreprise, qui permets à la fois une expérience professionnelle, une solide connaissance du métier réel et même une certaine indépendance financière des jeunes, ce qui est un avantage majeur pour les familles et notamment pour les familles nombreuses : dès l’âge de 16 ans, leurs enfants ont un petit salaire au lieu de coûter encore plus cher. On parlera plus tard de ce sujet sur ce site. Ici, il est uniquement intéressant de souligner que les études infirmières se font par apprentissage naturellement, et sont donc plus accessibles pour ceux qui voudraient étudier médicine sans en avoir un bac excellent. Et pas de question d’un concours national pour entrer en école d’infirmière ! Chaque hôpital choisit qui sera formé dans son école infirmière, c’est tout.

En Allemagne comme en Autriche et en Suisse alémanique le cycle universitaire n’est pas annuel, mais semestriel ( un semestre est une période de 6 mois): l’année universitaire est repartie en 2 semestres, qui sont encore divisés dans une période de cours de 3 mois et une autre période sans cours également de 3 mois. Dans chaque période de cours, il y a aussi une fois des vacances, 2 semaines à Noël, quelques jours aux alentours de Pâque respectivement. En réalité, le semestre d’hiver a toujours un temps de cours sensiblement plus long que le semestre d’été, et la période sans cours en été est un peu plus long que celle en printemps. Les débuts précis des cours varient d’un état fédéral à l’autre – la Bavière est toujours la dernière – et d’une année à l’autre, mais le semestre d’hiver commence le 1e octobre avec typiquement début des cours le 15 octobre, fin des cours le 31 janvier environ, vacances de Noël du 20.12 au 4. 1. (toujours 2 semaines révolues).

Le semestre d’été commence le 1e avril, début des cours aux alentours du 15. 4., fin des cours le 15. 7. En Bavière les cours commencent et s’arrêtent 2 semaines plus tard environ, on dit que c’est à cause de la récolte, à laquelle les jeunes doivent aider (au moins pour ce motif les vacances scolaires en été bavaroises sont toujours les dernières).

Vu que mon anniversaire est le 7. 7., je pouvais donc être sûr de pouvoir le fêter avec des amis de la fac ... sauf que cela tombait toujours dans la période d’examen : Les examens universitaires ont lieu en fin de période de cours et parfois la première semaine de la période sans cours. Ce qui fait qu’après début janvier ou la mi- juin, il y a beaucoup moins de monde dans les amphithéâtres, car on préfère de se préparer chez soi. (La présence aux cours en amphithéâtre n’est le plus souvent pas obligatoire). Qu’est-ce qu’on fait pendant les périodes sans cours ? Des vacances ... mais pas seulement. En réalité, on a souvent des stages à faire, des travaux dirigés, il faut préparer les examens d’état (différents des examens universitaires; il faut passer les deux !) qui ont lieu dans ces périodes et souvent aussi on travaille pour gagner des sous.

On peut, par conséquent, commencer d’étudier deux fois par année: en hiver et en été (au moins en principe ; pas toutes les universités offrent un début bisannuel des toutes les études ; dans mon université de Bochum, par exemple, la médecine ne commençait qu’en hiver). Cela arrange spécialement ce qui font leur service militaire, car avec un peu de chance et par le biais des vacances prises en fin de service, ils ne perdront que 6 mois et pas une année entière. Le début bisannuel est surtout typique pour toutes les études littéraires, où c’est moins compliqué à organiser.

Voici donc une vue d’ensemble du premier cycle des études médicales PCEM

et du deuxième cycle DECM

Il n’y a pas de troisième cycle ... sous ce nom, il y a, bien-sûr, la spécialisation, mais on n’est plus étudiant mais employé, on peut en faire plusieurs si on veut et toujours sans concours plus

 

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