Trouver un travail à l'hôpital

 

Trouver un travail à l’hôpital

Pour se former dans une spécialité en Allemagne, il suffit, en principe, de travailler dans cette spécialité pendant un certain temps (tout en faisant un certain nombre d’actes spécifiques, comme c’est détaillé sur une autre page) et après passer un examen organisé par la « Ärztekammer » (l’Ordre des Médecins allemand).

La question est donc cruciale : comment trouver un poste dans un hôpital quelquonque ?

D’une autre façon qu’en FRANCE … bien différente, c’est pourquoi je consacre une page entière à cette question, tout en sachant que probablement beaucoup de confrères français ne saisiront quand-même pas de suite comment il est simple par rapport à à la FRANCE de se faire embaucher dans un hôpital même sans être spécialiste !

 

Je vais expliquer un peu plus en détail ; mais je commence en disant que chaque chef de service d’un hôpital est responsable du recrutement de son personnel dans « son » service. Lui et personne d’autre. (Et ni la CME ni le ministère de la santé de l’État régional ou même de l’État fédéral à Berlin !). Donc, si un poste devient vacant, le chef de service va chercher un candidat comme dans n’importe quelle autre entreprise.

Généralement, il va passer une annonce dans une revue médicale – ou plutôt dans la revue médicale allemande, le Deutsches Ärzteblatt . Chaque numéro de cette revue d’un tirage de qq 100 milles exemplaires contient au moins une centaine d’annonces de recrutement. Chaque médecin allemand est obligatoirement abonné à cette revue, l’Ordre l’y oblige (d’où le grand tirage … et son importance). À part le Deutsches Ärzteblatt, il existe également des sociétés de recrutement, sortes de bourses de travail ou ANPE privé (où « head hunter ») qui vont, contre une rémunération, chercher un candidat pour un service donné. (C’est le service qui payera, pas le candidat).

Vous avez donc intérêt de bien étudier les annonces dans chaque nouvelle édition du « Deutsches Ärzteblatt ». Si un offre vous convient, vous y envoyez une candidature comportant un véritable dossier (comme on en fait pour un poste dans n’importe quelle autre entreprise) : une lettre de motivation, un CV de 1 ou 2 pages maximum (attention : un CV allemand commence avec le scolaire et se termine avec les faits les plus récents, donc l’ordre inverse par rapport à la FRANCE et on y met également plus de choses qu’en France). Et il y a un véritable dossier à préparer avec des copies –bien faites ! c.a.d. propre, claire etc.- de tous vos diplômes, en commençant avec le BAC, puis les examens médicaux que vous avez passé, puis les « Arbeitszeugnisse » si vous en avez déjà. Pour le mot « Arbeitszeugnis » il n’y a pas de traduction appropriée en français. Toute personne travaillant dans une entreprise quellequelle soit reçoit une « Arbeitszeugnis » délivrée par le patron ou le supérieur hierarchique.

Cette Arbeitszeugnis décrit les tâches de l’employé ainsi que ses performances dans son poste. La loi oblige à ce que l’Arbeitszeugnis soit « positive » ; le patron n’a pas droit d’y écrire, par exemple, « M Untel était régulièrement en retard le matin, a fait des erreurs pas possible et était imbuvable dans le contact avec ses collègues ». Cependant  ceci est pourtant écrit, mais d’une façon indirecte : le patron écrira « M Untel a fait des efforts pour arriver à temps tous les jours » (laissant ainsi sous entendre qu’il est souvent en retard),  « il a fait de son mieux » (donc il était au- dessous de ce qu’il devait faire) et « avec certains- uns de ses collègues il avait un contact satisfaisant » (donc avec la majorité il était fâché et personne ne l’aimait vraiment). Il y a certaines règles pour l’interprétation d’une « Arbeitszeugnis » ; par exemple, que l’absence du superlatif dans l’évaluation de quelqu’un signifie une performance moindre (« il a fait du bon travail » au lieu de « il a fait toujours un travail excellent » et ainsi de suite).

En FRANCE cela n’existe pas ; je vous conseille, de mettre dans ce dossier, avec les références que vous allez préparer, au moins les validations des stages ainsi que les lettres de nomination faites par l’administration des hôpitaux dans lesquels vous avez travaillé. Peut-être mettre aussi un petit mot en fin de votre CV que l’Arbeitszeugnis n’existe pas en FRANCE

 

Suite a une annonce dans le Deutsches Ärzteblatt, des dizaines de candidatures arrivent au secrétariat du chef de service respectif. Souvent un premier tri se fait déjà par la forme et la préparation du dossier : si cela est jugé insuffisant –c.a.d. largement au- dessous de la moyenne- le candidat est éliminé de suite (vous avez droit de demander le renvoi de votre dossier ; car sa préparation a un coût etc.). En Allemagne, cela fait aujourd’hui presque partie du cursus scolaire d’enseigner comment poser une candidature et vous avez intérêt à bien étudier les explications de cette page pour en avoir une idée

Les dossiers qui remplissent certains critères minimum seront ensuite étudiés par le chef de service. Selon ses critères à lui il choisira une poignée de candidats qu’ il invitera à un entretien d’embauche. Une demi- douzaine en général – donc ne chantez pas victoire si vous recevez la lettre d’invitation. Du reste, les frais de voyages seront à la charge du service (ou de l’entreprise) qui vous propose cet entretien de recrutement. Vu que cela existe aussi en France, je ne m’arrête pas plus longtemps pour sa description détaillée; le chef essaiera de se faire une idée du candidat, certaines questions sont interdites (comme, par exemple, sur le désir d’une grossesse ou sur l’état de santé) et on a donc droit de donner une fausse réponse au cas où (ce qui est strictement déconseillé dans les autres cas, car c’est une raison de licenciement sans préavis même dix ans après si le chef se rend compte qu’il a été trompé !).

Si vous êtes engagé, on vous informera rapidement, puis on vous ferra signer un contrat de travail, parfois pour un an (mais c’est de plus en plus rare et en plus c’est mal vu car jugé trop courte ; on supposera que le chef veut ainsi exercer une pression très forte sur cet employé de travailler toujours plus et de se laisser faire, de peur de ne pas se voir prolonger le contrat au bout d’un an), le plus souvent pour toute la période de spécialisation ou, si vous êtes déjà spécialiste, généralement en CDI. Parfois il est propose aussi aujourd’hui aux médecins non- spécialisés un renouvellement de contrat de CDI. Il y a toujours une période d’essai (maximum 6 mois), et, on ne peut que le répéter, aucune « Commission médicale d’établissement » ne doit donner son accord et encore moins un ministère de la santé. (L’idée en soi, que quelqu’un a Berlin décidera quel médecin peut être embaucher dans un service de gynécologie à l’hôpital d’Amberg en Bavière suffirait à déclencher des sentiments d’horreur et de colère folle chez chaque allemand, tellement le principe de subsidiarité est ancrée dans notre état, notre constitution et dans nos habitudes ; en FRANCE parmi les nombreux dégâts que la révolution, suivie de Napoléon, ont fait il y a  cette centralisation extrême, voulant rendre dépendant et inférieur chaque initiative ou pouvoir local).

 

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