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Le cursus de spécialisation en Allemagne pourrait être très intéressant pour nos confrères français – pour la simple raison qu’il permet sans le moindre problème de faire une spécialisation. Notamment aux jeunes généralistes français desirant se former davantage.
Cela peut vous paraître incroyable, c’est pourquoi je vais d’abord vous expliquer les grandes lignes de notre procédure de spécialisation.
Premier élément à retenir : pas de concours. Il n’y a pas de concours de spécialité, pas d’ « examen national classant » ni « zone sud » ni « zone nord » et quoi que ce soit. Il n’y pas non plus de concours d’entrée proprement dit pour faire médecine (ni pour d’autres études).
En fait, le terme « concours » est tellement étranger à notre système de formation que j’ai du mal à trouver un mot allemand approprié dans la partie allemande de ce site où j’explique le système français. Concours signifie, littéralement, « Wettbewerb », mais cela n’a pas le même sens. Il vaut mieux le traduire en allemand par une expression de plusieurs mots afin qu’on comprenne chez nous de quoi il s’agit. La procédure n’est pas la même : pas de concours après la première année de médecine, pas de concours de l’école d’infirmière, pas de concours « CAPES » ou « agrégation » pour être prof et ainsi de suite.
Comment donc se spécialiser, et, question d’importance cruciale pour les médecins français, qui décidera de la spécialité que chacun peut avoir ?
Pour répondre à la seconde question en premier : personne d’autre que vous en décidera, et certainement ni le gouvernement ou une institution bureaucrate. En principe chaque hôpital a le droit de former des spécialistes – pas seulement les hôpitaux universitaires. Chaque hôpital et plus précisément chaque chef de service. Un petit hôpital local ou régional peut aussi bien former des spécialistes que l’hôpital universitaire le plus important. Le chef de service doit avoir une sorte d’agrément délivré par l’Ordre des Médecins, et ainsi il peut prendre dans son service et former des jeunes médecins. Comment avoir un poste ? En posant une candidature, voilà tout. C’est le chef de service qui décide quels médecins il veut embaucher dans son service ; les postes «Assistenzarzt » sont généralement donnés pour une période de 4 à 6 ans ; parfois seulement pour un an mais ceci est mal vu et rare. Le chef de service de neurologie de l’hôpital de Kaiserslautern dans le Rhénanie- Palatinat, par exemple, lance une annonce dans un journal –le plus souvent le « Deutsches Ärzteblatt »- qu’il cherche un médecin qui veut travailler chez lui en tant qu’assistant pour un temps donné, avec possibilité de se former au neurologue. Un jeune médecin intéressé doit lui une lettre de motivation, un Curriculum Vitae soigné et en copie tous les diplômes universitaires et autres dont il dispose. Une petite dizaine de candidats sur la 50aine qui auront répondu sera invitée à un entretien et la personne qui convient le mieux au chef de service sera embauché. C’est tout.
Ensuite, le médecin travaille un certain temps dans la spécialité choisie et pratique un certain nombre d’examens techniques, d’opérations etc. (en fonction de la spécialité). Il passera ensuite un examen organisé par l’Ordre des médecins (la Ärztekammer) pour être spécialisé.
C’est évident qu’un généraliste français pourrait facilement devenir spécialiste par cette voie. Il lui suffit de trouver un chef de service que le prend et, il faut le dire, ses chances seront très bonnes car il aura déjà une expérience professionnelle supérieure à celle des médecins allemands, qui viennent le plus souvent directement de la fac, après 6 ans d’études de médecine (ce qui équivaut au deuxième cycle français accompli).
La spécialité ainsi acquise en Allemagne sera ensuite reconnue en France.
Naturellement, il est essentiel de maitriser assez bien l’allemand et de se familiariser le plus tôt possible avec les particularités du système médical allemand (ce qui me fais vous recommander de bien consulter le contenu de ce site, car il vous permettra d’avoir rapidement une vue d’ensemble du problème.
Encore une particularité de notre système : pas besoin de la « validation du stage » (moyen supplémentaire et efficace de sanctionner les internes d’un service !). Travailler un certain temps dans la spécialité choisie, cela suffit. Le chef de service le certifiera – etant obligé de le faire, sinon on va tout droit au tribunal et on y gagnera
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