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Und hier der Volltext des Artikels. Voici le texte intégral que j’ai sousmis à la rédaction:
Un rescapé
La semaine avant Noël, banlieue de Nantes: consultation de médecine générale. Beaucoup de rhumes de toux, un peu moins de gastro. C’est qui le prochain ? Une maman arrive avec son enfant, de nouveau une rhino- pharyngite. Soudain, je vois les yeux : le pli dit mongolien bien typique : je suis en face d’un enfant de 5 ans qui est atteint d’une trisomie 21.
Ma question à la maman est plus un réflexe qu’une question réfléchie : « regrettez- vous d’avoir cet enfant ? » La pression de l’idéologie dominante, omniprésente, est forte : (« trisomie 21 égale souffrance insupportable, c’est mieux pour l’enfant de l’avorter …). La mère ne le prends pas mal, elle doit connaître la chanson : « Au début, c’était très dure pour nous à accepter, mais maintenant, on ne regrette pas du tout » dira-t-elle souriante.
Changement de scène. La semaine après Noël, je fait un remplacement dans un autre cabinet, à Nantes même. Un document destiné au cabinet attire mon attention : « Résultats nationaux du dépistage de la trisomie 21 pour l’année 2003 », édité par le laboratoire spécialisé agréé local.
Je le survole : sur 571200 femmes enceintes, on identifiait 39700 « patientes à risques » (le patient à risque, dans cette optique, est apparemment la femme et non son bébé …).
Il y avait un total de 505 cas de trisomie 21, dont :
369 ont pu être « dépisté » avant la naissance.
350 ont été tué … cela s’appelle « IMG » (interruption médicale de la grossesse ») au lieu du fameux « IVG ».
74 trisomies n’ont pas été dépistées ni par les marqueurs sériques maternelles ni par les échographies pendant la grossesse. 19 femmes n’ont pas voulu avorter, les 3 enfants trisomiques trouvés par ce laboratoire spécialisé ont tous fini mal.
5 % chance de survie en cas « dépistage » prénatal … mon petit patient était bien un rescapé.
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